Textes en vrac

D’artagnan à Meung sur Loire

Petite dédicace à Estelle, elle se reconnaitra….

Voici une nouvelle qui ne devait parler que du passage de D’Artagnan à Meung sur Loire, mais qui s’est égarée et vous narre bien des histoires au sein de l’Histoire de cette ancienne place forte de caractère. 

 

D’Artagnan à Meung sur Loire.

 

À une minute près…

Je le vois le cadet de Gascogne d’Artagnan quittant son Béarn natal pour essayer d’entrer dans le régiment des mousquetaires du roi. Son algarade, à l’hôtel du Franc Meunier, auberge de Meung-sur-Loire, avec un agent de Richelieu.

Je les vois, vous dis-je, le gentilhomme pauvre, en route vers Paris pour entrer dans la compagnie des mousquetaires de Louis XIII, se faire humilier par deux inconnus, dont il ignore qu’ils sont agents du cardinal de Richelieu : appelons-les le comte de Rochefort et Milady de Winter. Je vois Rochefort qui lui dérobe la lettre de recommandation écrite par son père à l’intention de M. de Tréville.

Il paraitrait que même sans ce sauve-conduit il ait tout de même rejoint d’autres connaissances de Tréville, des cousins plus ou moins éloignés, Armand de Sillègue d’Athos d’Autevielle , et Henri d’Aramitz et puis le fils d’un secrétaire du roi et des États de Navarre, Isaac de Portau , vous savez ? Alexandre Dumas père les a rebaptisés Athos, Porthos et Aramis, les trois mousquetaires de son roman. Moi, je sais qu’Athos et M. le comte de La Fère ne font qu’un et que ce dernier a écrit ses mémoires sur lesquelles l’auteur des trois mousquetaires s’est appuyé, tout en prenant des libertés qu’un grand écrivain peut se permettre.

Vous persistez à croire que cela s’est passé en 1626 ? Moi, je peux vous dire que c’était 8 ans après. Mais puisque tout le monde aime à croire Dumas père, soit ! De toute façon, que d’Artagnan ait rejoint Paris à 18 ans avec les trois malheureux cadeaux de son père en 1626 ou en 1634, cela ne change pas grand-chose aux manigances et autres coups fourrés de Richelieu et de ses sous-fifres dont la belle et mystérieuse Milady de Winter. Ou devrais-je plutôt dire la comtesse de Carlisle ? Une petite différence tout de même ; s’il vous plait ! En 1634, la porte d’Amont par laquelle est entré d’Artagnan dans Meung sur Loire était rutilante, restaurée depuis 1629 !

Et mes mémoires à moi ? Comment les transmettre ? Bon sang ! Maudite minute !

Des mémoires, je m’en suis découvert de nouvelles depuis que je suis ici, au contact des pierres, et plus d’une encore ! Celle des grands qui sont passés dans la cité fortifiée lorsqu’elle portait encore son nom latin de « Magdunum ». Ce qui est arrivé avant le XIIIe siècle est assez flou, je dois l’avouer. Je n’ai aucune vue sur les Alains qui détruisirent par le feu le fortin gallo-romain en 408. Je vois à peine le moine Liphard, cousin de Clovis, créer son ermitage, asséchant les marécages et défrichant les bois, canalisant le système des Mauves, regroupant la population autour de son oratoire. Comme nous le savons, après sa mort en 565 notre ville grandit peu à peu autour de son tombeau…  L’ermitage, devenu monastère et école réputée, se mua en chapitre de chanoines, et l’oratoire bâti sur le tombeau du saint moine s’embellit en basilique, la collégiale d’aujourd’hui… Je ne vous l’ai pas dit ? Lorsque je m’ennuie, je lis. Pour le coup, je suis une encyclopédie perpétuelle. (Voilà un jeu de mots que vous comprendrez plus tard, bon sang, cette maudite minute !) …

Je ne distingue pas bien le monastère, mais je vois mieux l’édification du chapitre de chanoine. Le clocher date pour l’essentiel du XIe siècle dans sa partie basse, mais la chambre des cloches et la flèche datent du XIIIe siècle. Je connais donc l’histoire du quatrième ange musicien qui manque dans le clocher, mais qui cela peut-il intéresser ? Et j’entends cette dispute entre un chanoine et un seigneur au sujet d’une vigne ! Hoho ! Dire qu’il n’y en a plus une seule… Les gens de maintenant diraient : «Tout ça pour ça… » ! En revanche, je vois parfaitement Saint Liphard sous la collégiale en ce moment même, enfin, je veux parler des reliques qui le représentent ! Et puis, ce sarcophage daté du VIe, posé là, vide, dans la collégiale. Vous aimeriez savoir si un corps y gisait avant d’être déterré des sous-sols du château, n’est-ce pas? Ce que je peux vous dire, c’est qu’approximativement chaque  nuit, une lueur passe de la collégiale au château…

Tiens, le château, parlons-en.  Il faut savoir qu’il a vu passer 53 évêques et 6 cardinaux. L’hôtel du Franc Meunier n’en était pas très loin, aussi est-on en droit de se demander pourquoi l’émissaire de Richelieu, qui a tant mis à mal la fierté de d’Artagnan, n’y logeait pas.  À moins qu’il ait voulu être des plus discrets, il va sans dire qu’il aurait pu séjourner dans la demeure de l’évêque d’Orléans du moment ; Gabriel de l’Aubespine !  D’autant qu’en 1612, ce dernier obtint licence d’employer 1000 livres sur l’imposition du sel pour remettre et réparer les maisons épiscopales de l’évêché, ruinées pendant les guerres civiles, et cet octroi fut renouvelé en 1617 et 1622 ! Le château était donc réaménagé ! Vous imaginez ? Si tel avait été le cas, si le dépêché de Richelieu avait reposé son cheval chez l’évêque, jamais d’Artagnan n’aurait eu à subir les moqueries au sujet de son cheval jaune. Il n’aurait fait que passer à Meung, sans jamais qu’il en soit fait état dans les mémoires de qui que ce soit ! Le destin tient à si peu de choses…De la même façon, à quelques années près, le château aurait été vide, car l’évêque suivant, Nicolas de Netz a ordonné, en 1636 la construction d’un palais épiscopal à Orléans ! Le château de Meung s’en est trouvé abandonné par les évêques en 1690. Mais, je m’égare et perds de vue les mousquetaires. Bah, puisque nous nous trouvons dans une de mes phases historiennes, je sais aussi que le château était à nouveau restauré sous l’évêque d’Orléans Louis-Gaston Fleuriau d’Armenonville qui obtint en 1706 de Louis XIV soi-même, 20000 livres pour la restauration dudit château qualifié de vétuste.

Je sais, je parle comme un livre, mais c’est parce que je n’ai que cela à faire et, croyez-moi, j’aimerais être ailleurs ! Bon sang ! Maudite minute …  Savez-vous pourquoi le Roi-Soleil a octroyé cet argent à la restauration du château ? Mais c’est parce qu’il y est passé bien entendu ! Vous ne saviez pas ? Mais si ! Au retour de son mariage à Saint-Jean-de-Luz avec Marie-Thérèse d’Autriche bien entendu ! En1660 ! S’il n’avait pas eu personnellement connaissance de ce château, croyez-vous vraiment qu’il aurait accordé quelque argent, alors qu’un palais épiscopal flambant neuf servait à Orléans ? Je sais, tout ceci n’est écrit nulle part, mais l’ancien fonds des Archives départementales, anéanti par les flammes en 1940, le mentionnait certainement !

Voyons, où en étais-je ? Les couloirs du temps me perdent. Ah oui, mes mémoires ! Tiens, la Jeanne d’Arc, qui venait voir ceux de Meung !  « Je veux demain après déjeuner aller voir ceux de Meung » a-t-elle dit au Duc d’Alençon. J’en ai des visions aussi ! Lorsqu’elle est venue se recueillir dans l’actuelle collégiale. Vous savez ? Lors de la guerre de Cent Ans, les Anglais avaient détruit le pont d‘Orléans et le seul qui restait aux Français pour garder main sur la Loire, était celui de Meung sur Loire. Quel jeu de mots ! Vous l’avez ? J’aime les jeux de mots, c’est l’un des seuls passe-temps qu’il me reste, pardonnez-moi ! Bon sang, satanée minute !… Mais n’en parlons plus, pas pour le moment en tous cas. Le 15 juin 1429, donc, arrivant par Cléry depuis la rive gauche de la Loire, Jeanne vient pour enlever d’assaut le pont fortifié de Meung aux Anglais, qui seront chassés définitivement de la ville vers le Nord. L’ancien pont fortifié de la ville se trouvait non loin du Relai Louis XI actuel. 

  Il fallait donc reprendre ce pont coûte que coûte aux Anglais et déloger par la même John Talbot et Thomas Scales, les commandants anglais ayant remplacé Thomas Montagu, dit Lord Salisbury, tombé sous un boulet de canon à Orléans et mort dans le château de Meung. Et c’est ce qu’ont fait Jeanne d’Arc et Gilles de Rais.

Encore un peu d’histoire ? Allez, une petite pincée, juste pour la forme. Avant que Jeanne ne passe, pendant la guerre de Cent Ans, les pillages et les intempéries, avaient réduit à néant les récoltes et la famine menaçait Orléans. Il faut savoir que les gens de Meung (pas Jehan de Meung, le poète qui a donné suite au roman de la Rose au XIIIe siècle… haha ! Je suis incorrigible !) Les gens de Meung, disais-je, avaient réussi, pour enrayer cette famine, à apporter de la farine issue de leurs nombreux moulins à Orléans, à dos d’ânes, s’il vous plait ! D’ailleurs, il est de tradition de dire que les Orléanais du haut de leurs remparts disaient : « Ouvrez les portes, voilà les ânes de Meung ! » Heureusement que les porteurs de farine leur répondaient que des ânes à Meung, il en passait, mais que point n’en restait. Sinon, ce vilain surnom aurait pu perdurer par-delà les ans !!! 

Quitte à vous conter la liste des poètes de passage à Meung, autant vous parler tout de suite de François Villon. L’été 1461, il a à souffrir de l’autorité de Thibaud d’Aussigny, évêque résidant du château. Parce qu’il a volé un calice en or – ou parce qu’il s’est mêlé à une troupe de saltimbanques alors que cela est interdit au Clerc qu’il est-, il est arrêté par l’évêque. Son passé de voleur et de meurtrier ne joue pas en sa faveur : il a été amnistié par Charles d’Orléans, c’est un fait, mais n’a bénéficié que d’un brevet de sauvegarde et non d’une lettre de rémission, qui aurait effacé tous ses crimes. Interrogé par la “question par l’eau” il n’avoue pas ce que l’on voudrait lui faire dire et est condamné aux oubliettes du château. C’est-à-dire à attendre la mort, nourri de pain et d’eau, en tournant en rond dans l’obscurité. Il est heureusement libéré et reçoit cette lettre de rémission tant espérée, lors du passage de Louis XI dans la ville, le 2 octobre 1461.

Pour en revenir à notre héros d’Artagnan, il est entré, comme Louis XIV le fera quelque trente années plus tard, par la porte d’Amont, et est reparti par celle d’Abas, celle-là même qu’a empruntée Jeanne pour sauver Meung des Anglais. Je le sais, vous dis-je ! Même si je n’étais pas présent, au XIIIe, lorsque les fortifications de la ville ont été créées, je sais que les cinq portes portaient le nom de Guignard, d’Amont, d’Abas, la quatrième correspondait à la tour Saint-Benoît et la cinquième était la Poterne des Bouchers. Je n’étais pas là non plus en 1629, lorsque la porte d’Amont, la seule encore debout, a été restaurée, mais je sais que l’on trouvait au premier étage l’hôtel de ville où se réunissaient les échevins de la ville, au deuxième le corps de garde qui défendait la ville en temps de guerre, mais qui n’était plus qu’une maison d’habitation et au troisième, la grosse horloge de la ville. Ha, l’horloge ! Bon sang, maudite minute !

Lorsque la restauration de la fin du XVIIIe a débuté, il manquait les mouvements, les frondeurs s’étaient emparés de la mécanique. La belle (c’est le petit nom que je lui donne) n’avait alors qu’une seule aiguille et un cadran au quart d’heure. C’était déjà une belle évolution, le summum du luxe et de la technologie pour l’époque ! Dire qu’à une minute près, tout aurait été différent !

Je suis arrivé à Meung sur Loire en 1797, en tant qu’apprenti. Mon maître d’apprentissage était un artisan horloger de la corporation de Blois. À Blois, sous le règne d’Henri II au XVIe siècle, la présence de la Cour entraîne l’essor d’artisans horlogers qui se structurent en corporation. Moi-même, j’ai tout fait pour y travailler, je rêvais de devenir un artisan horloger de renom, comme mon idole Huygens. Mais, il me fallait commencer par apprendre et tenter d’atteindre, ne serait-ce que la cheville de mon maître. À présent, je connais tout de l’horlogerie, j’ai la passion de l’histoire, certes, mais depuis toujours, le temps et les horlogeries forment un inconditionnel de mon existence. Laissez-moi vous faire étal de ma science : Sachez que jusqu’au milieu du XVIIe siècle, l’échappement de la force motrice des horloges est régulé par un balancier « à foliot » : son va-et-vient irrégulier provoque des imprécisions pouvant aller jusqu’à une heure par jour. C’est important, vous verrez par la suite… Bon sang ! Maudite minute !…

 Pour améliorer la précision des horloges, il a fallu trouver un système de balancier dont l’aller-retour stable assurerait la marche régulière du mouvement. Léonard de Vinci, dans les années 1500 a déjà réfléchi à l’adaptation d’un pendule sur une horloge ; quant à Galilée, un peu plus tard, il utilise le pendule pour mesurer le temps de ses expériences. Mais c’est le mathématicien et astronome hollandais, Christiaan Huygens (1629-1695), qui réussit à adapter un pendule sur une horloge. La précision de l’instrument devient suffisante pour que l’on ajoute une deuxième aiguille (celle des minutes) sur le cadran de l’horloge, qui devient « une pendule ». On continua, cependant, à fabriquer des horloges à une aiguille (celle des heures) jusqu’aux années 1780. En 1675, Huygens découvre même que l’utilisation d’un ressort spiral permet d’augmenter la précision et la fiabilité des montres.

Je vous l’ai dit, cet homme était un génie ! Il était mon exemple, mon mentor. Je rêvais de l’égaler et de faire de nouvelles découvertes capables de rivaliser avec les siennes. Lorsque je parlais de mon désir de reconnaissance et d’immortalité à mon maître, il me répondait que j’étais trop impétueux, présomptueux et qu’il me faudrait du temps pour apprendre, ne serait-ce qu’à remonter une pendule correctement.

Il avait raison, bien entendu, mais je ne voulais rien entendre. Il n’y a pas plus sourd qu’un jeune apprenti trop impatient. Toujours est-il que ma tâche, à Meung sur Loire, était de seconder mon maître (cherchez bien, il y a un jeu de mots, si, si !) dans la remise en route de l’horloge de la porte d’Amont. Nous reprenions tout, depuis la conception du mécanisme jusqu’à la peinture et gravure du cadran. Vous imaginez ? Nous allions retirer la relique à une aiguille que nos prédécesseurs avaient posée en 1629, un siècle et demi plus tôt, pour installer ce que vous appelleriez aujourd’hui la « Rolls Royce » des pendules !  Mon maître, très proche de la famille Cuper de Blois, était très pointilleux. Il avait déjà beaucoup à faire sur le mécanisme, ses réglages et autres ajustements, alors il ne pouvait pas admettre le hasard ou l’imprévu ; un incident fort fâcheux intervint pourtant, alors que nous ouvrions les paquets contenant les deux cadrans de l’horloge biface. J’avais pour consigne d’installer les deux immenses cercles, mais l’un d’eux m’a glissé des mains et est tombé depuis le troisième étage de la porte. Comme un enfant, je fermais les yeux et me bouchais les oreilles, en espérant que tout irait pour le mieux. Vous imaginez bien dans quel état le choc au sol l’a réduit, il était inutilisable. Mon maître, fou de rage, me battit et me hurla dessus tout ce que son souffle lui permettait. C’était une bévue imprévue, mais alors que mon maître déversait sa hargne et me haranguait autant que faire se peut, je vis s’ouvrir à moi un champ des possibles inespéré. Entre deux claques, je lui promettais que je pouvais réparer dans les temps et qu’il fallait qu’il me fît confiance. Comme j’avais déjà réalisé des cadrans par le passé, il fût bien obligé d’accepter, non sans me proférer des menaces assez précises si, par hasard, je venais à échouer. Il trouverait un moyen de me faire admirer le temps passé et futur, sans qu’aucun mortel ne se souvienne jamais de moi !

Alors que je commençais à redresser la base pour la refrapper, et que je cherchais moyen de signer mon œuvre, me vint une idée de génie ! Comment faire pour asseoir mon identité, pour laisser ma patte dans l’histoire de l’horlogerie ? Eh bien, oui, puisque les mécanismes n’étaient pas encore tout à fait précis, je me dis à cet instant que le fait d’ajouter une minute au cadran, rattraperait cette heure qui se perdait encore dans une journée et que par la même, notre horloge serait la plus précise de toutes les pendules !

Lorsque je montrais le résultat à mon maître, il ne perdit pas de temps à compter les minutes et ne remarqua pas mon évolution. Il me félicita même et nous montâmes le tout, pour être prêts juste avant la venue des autorités pour la mise en fonctionnement et l’inauguration. C’est Nicolas Morel, tonnelier de son état et qui obtint un bail accordé pour 9 ans par la ville de Meung en contrepartie d’un droit de passage pour l’entretien de l’horloge, qui remarqua mon idée… et qui devint mon ami, ma compagnie jusqu’au dernier jour de sa vie.

Je ne sais par quel ensorcellement, ni à quel mage il fit appel, mais mon maître mit sa menace à exécution. Je dois dire que ce passage pourtant décisif de ma vie est assez flou. Je vois mon maître virer au rouge et puis, plus rien. M’a -t-il assommé ? Est-il revenu dans le temps pour me punir ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que je me retrouvais au milieu des engrenages, des ressorts et des loquets. Minuscule particule enfermée dans l’horloge, mais à jamais consciente du temps, qui a vu vos ancêtres et qui vous voit passer, vous, et vous aussi. Vous comprenez qu’en contact avec la pierre de la porte d’Amont et la terre qui la soutient encore, je puis vous assurer que de grandes gens soient passés dessous, dont le sieur d’Artagnan lorsqu’il avait 18 ans.

 À jamais conscient, mais pour toujours oublié.

Bon sang, à vouloir l’éternité, une minute a fait mon destin chavirer !

 

ERB

 

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *