Les flâneries de Meung-sur-Loire

Récit de la vie du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres pour les flâneries de printemps 2022 de Meung sur Loire.

Il glisse toujours, à Meung-sur-Loire, bien des âmes qui pourraient nous conter leur histoire.

Foi de Farfadet lié à cette ville et à ses trottoirs, j’ai déjà narré celle de l’horloge aux 61 minutes, de son créateur et de ses déboires…

Mais aujourd’hui, nous parlons peinture et musique ; aujourd’hui, nous parlons d’art !

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) était à la fois peintre, musicien, sénateur, membre de l’Institut de France, grand officier de la Légion d’honneur et marguillier d’honneur. Cet homme hors du commun a choisi notre belle ville de Meung pour passer tous ses étés et automnes dès 1853. « Je goûte à Meung, écrivait-il, un bonheur parfait de tranquillité et de bonne famille. » Mais, n’allons pas trop vite. Laissez-moi vous présenter cet individu notoire…

Fils d’un sculpteur et peintre de Montauban, Ingres entre à l’académie de Toulouse pour être formé à la peinture. Pour se financer, il est deuxième violon de l’orchestre de Toulouse. Il gagne Paris en 1796 pour étudier dans l’atelier David. Il remporte le prix de Rome en 1801. Il y séjourne deux fois. À la villa Médicis de 1806 à 1824 et en tant que directeur de l’Académie de France de 1835 à 1842. Sa patrie artistique aura donc été l’Italie où il a découvert, entre autres peintres, Raphaël, grâce à qui son style définitif a pu s’asseoir.

Après la mort de Madeleine, la première épouse d’Ingres, Charles Marcotte d’Argenteuil, un proche du peintre et un de ses principaux mécènes lui présente sa nièce, Delphine Ramel, qu’Ingres épousera en 1852. Jean -François Guille, notaire et Conseiller municipal de Meung sur Loire, deviendra ainsi son beau-frère. Ingres en profite pour rédiger chez son beau-frère notaire, son testament afin de léguer ce qu’il possède à sa femme et sa ville natale. Puis, ensemble, ils achètent la maison du Change, dans la rue du change, qui a ensuite pris le nom d’Ingres, comme vous devez le savoir.

En 1862, alors que JAD Ingres est élevé par Napoléon III à la dignité de Sénateur, le maire de notre commune organise en son honneur une brillante réception, l’accueillant à sa descente du train accompagné des notables de Meung. La légende populaire dit qu’Ingres, élu marguillier d’honneur de la paroisse, lui fit don d’une copie de La Vierge à la chaise, une peinture religieuse de Raphaël, sous la forme d’un tondo (toile ronde). La vente par loterie de cette toile permit la réalisation du vitrail consacré à Saint-Dominique, saint patron du peintre, aujourd’hui toujours visible dans la collégiale Saint-Liphard. Un médaillon en bas du vitrail fait référence à l’accueil d’Ingres sénateur sur le quai de la gare.

Mais savez-vous qu’une expression est née de la pratique du violon, si parfaite du peintre ? On dit aujourd’hui de la pratique extra professionnelle d’une passion avec perfection que c’est un violon d’Ingres. L’étude de l’évolution du nombre d’occurrences de l’expression dans les textes publiés depuis 1870 montre qu’elle a atteint un pic de popularité peu après 1960. La musique faisait autant partie de la vie du maître que sa peinture, il en parlait à ses élèves ; il comparait lors de ses cours, la nature, la musique et la peinture : sa façon de jouer, comme celle de peindre était toujours prompte à émouvoir.

Farfadet ERB

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